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JOUR 9 : RETOUR AUX SOURCES
dimanche 14 février 2010
Lundi 10 août, Marignane (aéroport), 09h00.
Une valise heurtant mon pied me réveille, encore dans les vap’ je vois s’éloigner une dame pressée en mefaisant un signe pour s’excuser. L’aéroport est nettement plus plein qu’hier quand je me suis endormi. Le téléphone encore en charge, les rollers entre les jambes, assis contre mon sac j’apprécie ce réveil...
aujourd’hui je serai à Marseille !
Vu l’heure, pas besoin de me presser, je suis à deux heures du vieux port, alors autant profiter de ce matin estivalà sa juste valeur.
Pour ce dernier jour de route, dans les oreilles
"un bon son brut pour les truands"
(pour ceux qui reconnaissent, retour à Marseille oblige !), enfin, trève de plaisanterie, un bon petit déjeuner s’impose !
Une fois pris, je me pose à une table de café relais et sirote un coca bien frais, pour le moral, rien de tel que ce genre de petit plaisir. Je fais le point sur mon aventure (ce qui fera l’objet d’un autre article), sur ce que j’ai appris de moi-même, des autres...9 jours de voyage à rollers ne laissent pas indifférent.
Quelques étirements devant des voyageurs curieux de voir devant l’aéroport un gars à rollers si chargé, et c’est parti !. Il est 11h00.
Ma soeur et mon ami stéphane sont prévenus, de même que la journaliste de "la Provence", je serai au point de rendez-vous vers 13h, au "café de l’OM" (qui soit dit en passant, n’est plus du tout ce qu’il était...)
Et je m’éloigne de Marignane, mais je voulais absolument faire quelque chose que je ne ferai peut-être qu’une seule fois dans ma vie : rouler sur l’autoroute des vacances à rollers !
C’est interdit et surtout très dangereux mais que voulez vous, on ne se refait pas et personne ne peut empêcher un passionné de trouver son adrénaline là où il peut.
Trouvée la bretelle d’entrée sur l’autoroute, tant pis, d’autant plus que maintenant que je la vois je ne peux plus faire demi-tour...
Quel pied !!!
Je roule sur l’autoroute, en plein été, tout proche de Marseille.
Beaucoup de voitures me klaxonnent, certains me font de grands saluts tout sourire ! honnêtement j’ai bien senti la dangerosité de ce que je faisais, les voitures foncent et le vent qui les suit me pousse ! mais c’était un vrai bonheur !
Une voiture de police ralentit à ma hauteur, giro allumé et le gars à la fenêtre côté passager me dit "mais qu’est-ce tu fous ?! sors à la prochaine sortie c’est dangereux ici ok ?!", je lui ai répondu que venant de Paris à rollers, étant natif de Marseille je devais le faire au moins une fois ! il m’a répondu "profites en bien alors, et sors à la prochaine !" puis alors que le conducteur réaccélèrait, enfermant sa fenêtre il m’a souhaité bonne chance tout en levant un pouce pour me féliciter, l’air fier de moi. J’ai trop apprécié, et à la sortie suivante, j’ai quitté l’autoroute.
Ensuite il fallait que je rattrape "les cadenneaux" pour ensuite rejoindre Marseille via "la gavotte" où là je n’aurai plus que de la descente puis du plat une fois arrivé aux docks.
Problème : pour aller à la gavotte, j’allais devoir franchir des côtes très très raides !
Quel supplice ces montées ! si raides ! et à chaque virage tu espère que c’est la fin, et puis non, ça remonte encore ! je crois que ces montées m’ont fatigué comme si j’avais roulé 100 km dans la journée tellement elles étaient dures, ou alors étais-je arrivé au bout de mes forces ? surement un peu des deux.
Le calvaire des cadenneaux a été un des plus durs moments de mon aventure, j’ai tellement sous-estimé cette petite trentaine de km qu’il me restait, je me croyais tellement arrivé avant l’heure, que j’en ai pris pour mon grade.
Heureusement que les automobilistes et passants étaient de bons supporters, imaginez-donc : un gars torse nu, à rollers, chargé comme un boeuf, casquette détrempée avec en prime un drapeau de la ville en guise de cappe par dessus le sac ! ça a mis une de ces ambiances à mon passage, c’était remarquable !
Enfin les cadenneaux, maintenant japprécie, que dis-je, je jouis tellement la descente est longue pour rejoindre les docks.
A la gavotte je me permet même le luxe de m’arrêter à un bar, un de ces PMU que l’on trouve partout...quel accueil ! super ambiance, les gars y étaient tous sympas, me félicitant, m’encourageant...c’était trop bon de se sentir à la "maison" !
Et puis me voilà enfin roulant sur le vieux port, tout fier !
Au croisement de la canebière je vois ma soeur devant le café, avec la poussette dans laquelle se trouve sa fille qui a quelques mois et que je n’ai encore jamais vue...quand elle me voit arriver elle éclate de rire tant la scène est comique.
Les gens restent bouche bée devant nos retrouvailles, les regards plein de questions.
Assis à la terrasse, les pieds en vrac, le corps usé, je ne sens même plus aucune douleur tellement la joie est grande...je ne réalise pas encore que je viens de réussir ce challenge de rouler "de la capitale à ma ville natale".
Bientôt la journaliste arrive, une photo en bas de la canebière, des questions, des réponses, et encore beaucoup de félicitations...la journée commence à Merveille, mais je reçois tellement d’appels et de messages que je n’ai pas une minute à moi, ni le temps de penser vraiment.
Objectif plage, repos et famille.
Je vais rester une semaine pour profiter de ma soeur, son fiancé, mon oncle Mo, Marine, Fé et je vais aussi trouver le temps long en pensant à ma copine qui me manque
Je vais me reposer, profiter de chaque moment avant de regagner ma vie de vendeur, avant de retourner à Paris, cette fois en TGV.
Le coeur plein de souvenirs qui m’ont grandi, le vécu d’une aventure extraordinaire dans les veines, je viens de découvrir ce qui va remplir ma vie de bonheur, de passion, et je viens de découvrir une force incroyable en moi qui me donne envie de
ne plus jamais m’arrêter de rouler
...une force qui va me pousser à traverser bien d’autres paysages, rencontrer bien d’autres "supporters", je veux désormais rouler encore et toujours plus, voyager encore plus loin,
Cap Europe !
Objectif America !
[NO LIMIT,ROLLER-SPIRIT !
Globe Rollers est née de cette passion (avec la complicité de mon pote Nicolas), et j’espère bien l’emmener loin...toujours plus loin !
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David.




