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JOUR 8 : ARRET STRATEGIQUE
lundi 8 février 2010
9 août, Avignon, 09h00.
Sur le pont...d’Avignon...
Ou plutôt sous, ma journée commence, des joggers sont en train de longer les quais, j’ai la tête comme une compote, et les jambes lourdes !
Je me lève, la gorge sèche, des courbatures partout, et mon estomac a envie de se venger de ce que je lui ai fait la veille : de vomir. BEURK.
De l’eau oui, mais manger ne me dit rien là maintenant...
Je regarde le coin où j’ai dormi : un vrai crade ! dans la terre poussièreuse alors qu’il y avait de l’herbe tout autour mais quel naze ! c’est ça d’avoir voulu jouer les capitaines au "BATEAU IVRE" !! n’empeche que j’en garde de très bons souvenirs !
Enfn bref, trève de plaisanterie, il faut que je me remette bien en place pour repartir, la route n’est pas finie !
Peu à peu en m’étirant je redécouvrais que j’avais un corps
et surtout la buée qui entourait ma vision s’est estompé, je commence à y voir clair et surtout à avoir faim.
Premiere brasserie croisée et hop ! une formule petit déj’ copieux ! plus des fruits, beaucoup de fruits et des barres de céréales !
Aujourd’hui la destination c’est Salon-de-provence à environ 60 km.
Pas de quoi m’effrayer, mais quand même, vu ma fatigue du jour je ne pense pas que je ferai plus.
Il est 10h00, pas loin, quand je pousse le premier roller, difficilement je dois dire, sur le pont d’Avignon...
Très vite j’ai quitté la ville, et bien avant j’ai senti qu’aujourd’hui ça allait être très laborieux. Je mets au moins une heure à retrouver de bonnes sensations, à retrouver mon rythme, à ne plus trop sentir mes jambes douloureuses...et j’ai déjà bu un litre d’eau.
Sur ma route, je croise de plus en plus de vélos,
des couples, beaucoup de couples avec toujours le garçon qui a le vélo le plus chargé, et pas mal de solitaires aussi, tous chargés comme des boeufs, comme moi. Il m’arrive souvent de leur demander où ils vont, et je ne les croise qu’en sens inverse où à l’arrrêt comme moi dans des villes, et bien souvent dans ces villes, c’est justement là où ils s’arrêtent défintivement. Dommage.
Le soleil est toujours aussi rude avec moi, le bitume toujours aussi explosé par moment, mais j’avance, encore et encore vers ma ville natale.
Je me permets toujours autant de pitreries pour faire rire les automobillistes qui eux m’encouragent toujours autant, c’est ce qui rend ma route beaucoup plus vivante, les stations d’essence sont pour moi un vrai havre de paix où je peux toujours compter sur l’aide des pompistes pour remplir ma bouteille d’eau fraiche et discuter le temps d’un sandwich.
Je suis sur la route, toute la sainte journée...euh...sur la route, à l’approche de Salon, quand je vois un cycliste sur la bordure boire à pleine gorgée sa bouteille presque vide, je m’arrête pour lui demander si tout va bien, on papote deux minutes comme souvent...et puique nous allons au même endroit, en passant par la même ville et qu’on y est presque,
nous voilà en train de rejondre Salon ensemble.
C’était fort sympathique de rouler à deux cette fois, et sur une petite quinzaine de kilomètre, nous avons partagé nos passions, notre aventure, lui venait de Bayonne à vélo, il avait été jusqu’en Isère, et là il retournait vers le sud, où sa fille habite Marseille, vers le Prado...quelle coïncidence ! c’était génial ! c’es pas souvent qu’en allant à Marseille en rollers depuis Paris on a le plaisir de partager 15 km avec un cycliste !
Arrivé à Salon vers 16h00,
nous nous séparons, puisque lui continue et moi je m’arrête pour aujourd’hui. Une photo souvenir, de grands encouragements, une poignée de main ferme et
"bonne chance l’ami !".
Une fois sur place, je succombe à nouveau au plaisir de me vautrer à une terrasse de café bien ensoleillée ! et après quelques étirements me voilà en face d’un coca bien frais que je déguste lentement !
Le serveur m’indique la piscine municiaple, où je vais sur le champs...pour y retrouver les plaisirs de
la relaxation bien méritée !
Comme il est très tôt et qu’il me reste environ 60 km pour rejoindre Marseille, vu que je ne me sens pas la force de les faire avant ce soir, je me dit que je passerai la nuit ici.
Je profite du soleil pour m’assoir à une table de jardin public pour nettoyer à nouveau mes roulements, envoyer des textos...mais il est si tôt, et je ne sais tellement plus quoi faire, que je me décide à avancer encore un peu, comme ça, demain, je n’aurai pas grand chose à faire et arriverai assez tôt à Marseille ce qui arrangerait certainement la journaliste de "la Provence" qui m’y attendra et me laissera largement le temps de me reposer tout en ayant assurer de ne pas arriver mort de fatigue...
En deux minutes je réfléchis à la question, et
j’opte pour cette stratégie,
après tout, pourquoi arriverai-je de nuit ce soir ou crevé demain en fin de journée en gachant alors le plaisir de retrouver le vieux port de jour, et pas faigué !? et en plus en dérangeant la journaliste tard...enfin bon, voilà, il est encore tôt, je sors de la piscine où je me suis refais une santé, et je peux bien faire encore quelques 30 km !
Alors je repars ! direction La-fare-les-oliviers ! puis je verrai sur place...
Je sais La-fare non loin d’ici, mais voilà, je me perds...comment ai-je fait pour me perdre je n’en sais rien...la fatigue aussi n’est pas là pour m’aider...
Avec les panneaux en bord de routes je vois que je ne suis plus trop loin de Rognac,qui est sur ma route, un peu pus loin, ni une ni deux, je me dit que c’est là bas que je vais passer la nuit.
Une fois sur place qui je retrouve !
mon ami le cycliste !
manifestement il a fait lui aussi une grande pause à Rognac lui, et qand il part il me demande si je le suis, je lui explique ma stratégie et les pourquois je ne veux pas arriver à Marseille de nuit, ce qu’il comprend largement, mais allez, qu’à cela ne tienne je décide de l’accompagner encore un bout, jusqu’à la prochaine ville !
Vitrolles en ligne de mire !
mais en cours de route mon ami cycliste est victime d’une crampe qui le tient immobile au moins 5 minutes...le jour s’assombrit, et quand il me dit que finalement il préfère s’arreter et repartir demain, je me dit que je n’ai pas envie de passer la nuit en bord de départementale et préfère rejoindre vitrolles, il fait demi-tour vers Rognac qui était plus proche, et moi je continue vers Vitrolles car il est or de question de refaire ces 5 km d’avancée demain ! alors de nouveau on se salut ! et je continue mon avancée.
Bientôt arrivé à Vitrolles un camion de gitans me double, ils sont 4 sur la banquette avant de ce vieux forgon de forrain, les fenêtres arrières me laissent entrevoir que le camion est plein à craquer de meubles en tout genre, et ils me crient des trucs par la fenêtre, je ne comprends rien, mais vu qu’ils s’en vont devant moi je n’y prête pas attention.
Plus loin je m’arrête à une station service pour me ravitailler en eau, et je les vois stationnés, là, juste devant moi.
Quand je repars alors que je suis arrivé aux portes de Vitrolles, ils me doublent à nouveau, mais cette fois s’arrêtent 100 mètres plus loin, il y en a même un qui descend et me demande de m’arrêter en me faisant un signe me laissant penser qu’ils ont besoin d’appeler une dépanneuse...là franchement je ne marche pas et décide de les semer dans la ville.
mais la ville de Vitrolles n’est sincèrement pas des plus hospitalières, surtout un dimanche ! je n’ai pas trouvé grand chose d’ouvert, et encore moins les portes du peu d’habitants que j’y ai croisés...la nuit était tombée, et vu que je ne trouvais aucun coin sûr pour passer la nuit, je me suis motivé pour rejoindre l’aéroport de Marignane, là bas au moins je pourrai passer la nuit en sécurité vu qu’il y a toujours plein de voyageurs qui attendent un avion et de policiers qui font leurs rondes.
Après une halte à un snack où j’ai pris à la volée un bon gros steack haché/frites,
je suis en direction de l’aéroport, à environ 6/7 km de là.
Je me sens très épuisé en fin de compte, et je crois que j’ai bien fait de ne pas espérer arriver à Marseille ce soir.
Il est bientôt 23h00 quand j’arrive à l’aéroport
de Marignane, j’ai prévenu tout le monde par texto que j’arriverai demain à Marseille...et je me sens déjà soulagé d’être si proche de mon objectif.
Allongé comme beaucoup de voyageurs en attente de leur avion, je me filme une dernière fois, je suis très fatigué, et trouve le sommeil très tôt.




