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JOUR 7 : LE BATEAU IVRE
lundi 8 février 2010
8 août, Montélimar, 08h00.
Ce matin ce sont des fourmis qui s’occupent de me faire un réveil triomphal
, en effet, il devait y en avoir une bonne centaine au chaud avec moi dans mon duvet ! leurs pattes parcourant mon corps me grattaient énormément, vous imaginez le réveil ! debout en une fraction de seconde, me désappant presqu’entièrement pour secouer mon corps et faire tomber toutes les fourmis, secouant mon duvet retourner comme un draps que l’on met à sécher au balcon...enfin, c’était un réveil comme les autres, juste avec une raison de plus pour le faire "énergiquement" !
Avec ou sans fourmis,
j’ai bien dormi,
ce qui me ramène vite au calme car après tout je l’ai bien cherché, c’est moi qui empiétais sur leur territoire !
Puisque j’étais si bien lancé, je m’étire, le parc est désert, me rhabille et me permet un petit footing de 10 minutes sur un cercle de 20 mètres de circonférence que je dessine avec mes baskets. Puis c’était bientôt l’heure de mon rendez-vous avec la journaliste. Au même bar où je l’ai rencontrée hier.
Je profite de ce rendez-vous pour prendre un bon petit déjeuner dans ce bar où les crèpes sucrées sont aussi bonnes que bon marché, l’interview se termine et je suis prêt pour reprendre ma route.
Au programme aujourd’hui : 85 km de Montélimar à Avignon, avec une escale à Orange pour éviter de rouler pendant les heures les plus chaudes.
Il est pas loin de 10h00, et je décolle...en route pour Orange !
La route est plutôt agréable, avec la chaleur elle est plus vite éprouvante, mais j’ai pris le rythme, et surtout, depuis,
j’ai appris MON rythme idéal
...alors je ne suis plus si fatigué quand je roule longtemps, c’est juste que mes ampoules aux chevilles me brulent de plus en plus. Musculairement je sens que je suis encore bien, mais par contre j’ai remarqué en mettant mes rollers ce matin que j’ai tellement roulé que le chausson intérieur, au niveau des malléoles internes notament, a fini par se creuser quasiment jusqu’au plastique du roller lui même ! c’est vrai que j’ai voulu roulé avec ces rollers de hockey pour garder l’authencité de la performance d’un amateur urbain mais je commence à me dire que ça risque de devenir problématique, sérieusement.
Enfin bon, je suis en route, et en tête je n’ai que Orange, avant d’y être je ne veux pas faire de trop grande pause.
Le soleil est toujours aussi accablant, et l’eau toujours aussi rafraichissante !
je roule torse nu, me passe de la crème solaire toutes les heures, et je passe les villes une à une toujours sous autant de regards curieux et de mini "ola" improvisées par les locaux qui devinnent d’eux mêmes que je viens de loin comme ça. Je me permet même de faire l’ahuri sur mes rollers quand je croise beaucoup de véhicules, ce qui ne manque pas de les faire rire et de m’encourager à coup de grands cris la tête en dehors de leur fenêtre et de bras levés vers le ciel en criant "allez !!!!!", je m’amuse, je m’éclate même rien que d’imaginer ces gens qui voient un voyageur à rollers faire le pitre sur ces rollers comme un enfant qui veut se faire remarquer ! tout les moyens sont bons pour trouver la hargne en soi, la motivation pour continuer malgré la fatigue, et je crois que le contact avec les gens était vraiment la source la plus importante de motivation ! avec bien entendu mes proches, ma copine au téléphone et les journalistes relatant mon "petit" voyage dans des rubriques "insolites".
Plus j’avançais vers le sud, plus il y avait de touristes, et donc plus il y avait d’embouteillages aux entrées des villes, j’ai passé de bons moments de rigolades là aussi, car au moment de pénétrer dans les villes,
je me voyais là, moi à rollers, doubler des voitures !!!!
c’était trop fort comme moment ! et je leur criais, sourire aux lèvres "et alors ! vous ramez là ! qu’est-ce que vous attendez pour me rattraper !!!" c’était génial, beaucoup de gens sortaient la tête de leur voiture pour me choper un mot au vol ou m’encourager, c’était trop bien !
Sans compter qu’une fois la ville passée, qui je voyais me doubler en criant sourire aux lèvres "ben alors !!! tu rames !!!! allez courage !!!" ??? les mêmes gens qui me reconnaissaient et se faisaient un plaisir de me narguer gentiment ! c’était vraiment génial ! j’ai adoré ces moments.
Arrivé à Orange
, un journaliste du "Dauphiné libéré" m’attendait, j’allais faire partie de sa rubrique "week-end" pour Orange et Avignon, on a discuté autour d’un bon repas bien mérité, il devait être vers 15h00, et j’étais l’attraction des touristes et du personnel de ce petit resto fort sympathique.
Après mon repas, je suis allé à la piscine d’Orange, nichée dans les hauteurs, surplombant un décor de rêve où jétais aux anges sous les olés des cigales chantant des airs de mon sud natale et qui me rappellent combien cela me manquait !
A la piscine, un délice d’eau fraiche ! j’en profite pour me masser les pieds endoloris, laisse le soleil me sécher sur un transat, c’est les vacances pour de bon. Une bonne douche avant de quitter cet oued magistral et me revoilà fin prêt pour reprendre la route.
Il est 18h30, et je compte bien atteindre Avignon
avant la nuit pour y passer la nuit...et si possible y voir dans un pub, le premier match du championat de ligue 1 qui reprend ce soir avec un match que je n’ai pas envie de louper : Grenoble-OM ! lol
Je file dare dare en direction d’Avignon donc, et d’une traite
j’arrive à bon port, il est 20h30
, et je m’en sors pas trop mal sur les pavés de la zone marchande de la ville, de la vielle ville...avec en tête le match qui ne va pas tarder à commencer je cherche un pub qui le diffuse...vite trouvé, ici tout le monde est fan de l’OM, normal ! ![]()
J’en trouve un donc, et à peine entré, on me demande de me rhabiller ! j’avais presqu’oublié que je roulais torse nu !
Une fois séché, déchaussé, et rhabillé donc, je pose mes affaires dans un coin sous les regards curieux des clients et du taulier, comme si j’étais un extra-terrestre, je commande une bonne bière et une bonne grosse assiette de frites et de charcuterie ! (comme quoi je n’ai pas du tout l’hygiène d’un vrai sportif !lol) et m’assoie au bar, le match commence à peine, et il est 20h45 dans ce bar, le
"BATEAU IVRE".
Le match se déroule, l’OM version Deschamps commence plutôt bien face à un promu de l’année dernière qui avait très bien démarré la saison dernière...puis mon assiette arrive, et avec elle les premières questions auxquelles je m’attendais "d’où tu viens mon gars ?" me dit le taulier, "tu vas où p’tit gars ?" renchérit un habitué derrière moi, les questions et les réponses prenaient le pas sur canal+, et peu à peu les gens me trouvent sympathique, et la soirée se déroule un peu comme partout à pareil moment, chacun y va de son commentaire sur l’arbitrage, le dribble de trop, la passe manquée, la chance du gardien adverse, le hors jeu injuste...le taulier m’offre un verre, je lui offre le suivant, l’habitué y met du sien, et je l’accompagne, le match se termine sur une bonne note car NOTRE équipe a gagné 2 à 0, et nous rigolons de tout et de rien ! la soirée s’achève, la nuit commence, les verres s’enchainent et on m’en offre toujours un "que tu peux pas refuser parce qu’il est offert !" pour me féliciter pour mon voyage à rollers...quand je me décide à quitter le bar il est vers 01h00 du matin,
je suis rond comme boeuf
et plein de rire sortent de ma gorge, je rechausse mes rollers et pars chercher un coin où dormir, un habitué du bar m’a conseillé d’aller vers le pont, car les bords de quai sont très agréables...
je vais y jeter un oeil, en sortant du bar comme un matelot qui tangue sur le pont avant d’un "BATEAU IVRE".
J’ai vite trouvé un coin puisque j’étais tellement soul que je me suis accomodé d’un petit bosquet sous un pont d’Avignon.




