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JOUR 1 : UN DEPART DE FOU
mercredi 3 février 2010
2 août, 10h, Paris place de la Bastille :
j’attend sous une pluie fine la journaliste du
"Parisien"
qui doit venir me photographier "sur le départ"...Soit dit en passant, journaliste fort sympathique.
10h30, Départ.
Bardé comme un âne, je dois rouler doucement pour ne pas compromettre mes chances de réussir ce pari car les chaussées sont mouillées et bien qu’habituellement cela ne me dérange pas, sur ce coup là je préfère assurer.
Porte de charenton, charenton, très vite je suis dans le 94...créteil, villeneuve le roi, direction Melun ! jusque là tout va bien, je me suis entrainé 3 fois jusqu’à Melun durant le mois de juillet.
Il est 14h passé quand j’arrive à Melun
, je ressent déjà du mal à supporter mon sac, trop lourd.Une pause s’impose ! Etirements, je jauge mon état de fatigue,j’en profite pour vérifier mon itinéraire "globale" et décide qu’aujourd’hui j’arreterai de rouler à Nemours, cela constituerait une bonne première étape !Je profite des commerces de proximité pour faire le plein d’eau, 2/3 sandwichs à la volée et c’est reparti !
Les gens semblent intrigés quad il me voient sur la départementales avec mon gros sac, cela me fait sourire et m’encourage à continuer car je sais que ce n’est pas courant de voyager à rollers !
La journée est longue, les km n’augmentent pas vite au compteur, je m’arrete toute les heures un petit quart d’heure, le sac est vraiment très lourd.Aussitôt ma bouteille d’eau vide, je m’arrete chez l’habitant pour lui demander de la remplir : les gens sont toujours très sympas, et n’hésitent pas à proposer à manger, ou même pour certain à me prendre dans leur voiture ! au final, à chaqe fois que je rencontre une personne,
je repars gonflé d’encouragements !
J’en ai passé des montées et des descentes ! je me souviens que les pires routes étaient vers clairfontaine !! dans les montées parfois je m’arretais tout les 50 mètres !je me suis perdu, reperdu, pour éviter des routes qui semblaient très dangreuses, et maintenant que le jour se couche, je m’apperçois que je suis non loin de Montargis ! un coup d’oeil sur mon plan...plus que je n’espérais !
je suis tellement content de l’avancée quej’ai faite aujourd’hui
, que me revoilà gonfl à bloc ! je décide de trouver un coin pour la nuit, mais à chaque fois que je trouve un coin à l’abri des regards et pas trop isolé, je m’apperçois que ce coin est déjà occupé par des sdf, comme quoi nous avons tous les mêmes réflexes de "survie".Néanmoins je me fait beaucoup embéter dans le coin, alors j’écume la ville pour trouver une niche.J’en trouve enfin, à la sortie de la ville, non loin de l’autoroute.Mais aussitôt déchaussé, des gitans viennent me voir, me questionnent sur le contenu de mon sac, sur ma destination..bref, je sens q’il ne fait pas bon rester dans les parages, alors à pieds car pas le temps de rechausser mes rollers, je décide de quitter les lieux.Mais les gitans me suivent...sans être agresifs pour autant, mais me montrant qu’ils me suivront où que j’aille, et à pieds, lesté d’un sac assez lourd, où pouvais-je bien aller ?Une voiture s’arrête, un jeune à l’intérieur, peut-être s’est-il douté que j’aurais bien besoin d’un peu d’aide ?il me propose une avancée, chose que j’accepte car le danger me semblait imminent !Dans la voiture je lui dit que je ne veux pas aller loin car je dois avancer à rollers, on discute deux minutes le temps de m’amener loin du camp de gitans, puis je redescend, "sauvé", 5 ou 10 km plus loin.Je remercie le jeune qui me félicite pour mon pari et m’encourage à le réussir. Il est vers 22h30.Je suis à Vernisson-sur-loire.
Au passage, je dois préciser qu’aucun gitan ne m’a agressé, j’étais fatigué et ma perception des intentions n’est pas preuve de vérité, aussi je précise à toute personne qui peut se sentir offensée par mes propos que je n’invente rien et ne raconte que ce que j’ai "vécu" et n’accuse en aucune manière les gens du voyage que j’ai croisés et que j’ai très bien pu mal comprendre d’avoir été un "réel" danger pour mon intégrité.
Arrivé là, je cherche un coin pour dormir un peu,car je ne me sens pas fatigué du tout avec la nuit qui raffraichit, je pense beaucoup, à ce qui m’a mené ici, sur des rollers, en direction de Marseille...mon passé, mes pleurs, mes cris, mes joies, mes ambitons, mes rêves, mes cauuchemars...
en réalité je crois que la fatigue mentale est bien plus forte que ma fatigue physique
..j’ai tiré fort sur mes nerfs pour tenir physiquement, et je commence à sentir que je craque.
Sur un banc de la gare SNCF
je trouve un coin douillet où me reposer, il m’a fallu deux secondes pour m’endormir.Peut-être moins.




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